Les Comtes de Provence : une touche de RSE dans la confiture !

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Aujourd’hui nous allons faire un tour du côté de l’agro-alimentaire, où le développement durable peut jouer un rôle central pour créer de la valeur. Pour cela, direction Peyruis, petite ville de 3000 habitants dans les Alpes de Haute Provence, où l’entreprise agro’novae fabrique depuis plus de 30 ans sous la marque « Les Comtes de Provence » des produits à base de fruits : confitures, compotes, etc.

Pour comprendre l’engagement de l’entreprise, un coup d’œil aux labels sur le site internet nous donne une bonne idée : « Agriculture Biologique », « Cuisiné en France » et « Entreprise du Patrimoine Vivant ». Et pour en déduire que durable rime avec qualité, les récompenses de l’entreprise nous aident : médailles au Concours Général Agricole de Paris et trophée « great taste gold ». Ca donne envie de goûter mais surtout d’en savoir plus…

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Affichage des logos sur le site web

Pour produire des confitures et des compotes de qualité, agro’novae a fait le choix, logique vous me direz, d’utiliser des matières premières de qualité et une liste réduite d’ingrédients : fruits cueillis à maturité, pure sucre de canne, acidifiants et gélifiants naturels, et … c’est tout ! Pour la qualité, tous les fruits utilisés sont sélectionnés selon des cahiers des charges stricts qui assurent leur bon goût.

Le deuxième secret de fabrication des confitures, c’est la cuisson artisanale traditionnelle. Pour confectionner les produits avec le meilleur goût possible, la cuisson se fait à la vapeur dans des chaudrons créés sur mesure pour l’entreprise. Mais par dessus tout, c’est un cuiseur qui joue un rôle central. Grâce à son savoir-faire traditionnel, il garde un œil permanent sur la cuisson et juge à la couleur si la préparation est prête.

Cuiseur
Extrait de la vidéo institutionnelle

Bien que toute la partie cuisson soit restée traditionnelle, le choix a été fait d’industrialiser les autres procédés pour gagner en efficacité : étiquetage, empotage et conditionnement. Et pour économiser l’eau et l’énergie utilisées aux différentes étapes de production, l’entreprise investit en moyenne 5% de son chiffre d’affaires annuel pour améliorer les procédés et réduire les consommations.

En plus de la qualité, de la tradition et des économies de ressources, le PDG Yves Faure a souhaité lancer il y a 15 ans déjà une gamme de produits biologiques, « par conviction et parce que la demande des consommateurs se faisait déjà sentir ». L’entreprise a alors commencé avec des petites quantités pour arriver aujourd’hui à une gamme bio qui représente 50% des ventes. Et ce n’est pas fini puisque la volonté de la Direction est de poursuivre le développement de cette gamme, comme le montrent les nouveaux produits récemment sortis à la vente. Quant à la mise en place de la gamme biologique, le PDG explique ne pas avoir rencontré de difficultés particulières puisque « l’accompagnement des labels a beaucoup aidé et permis d’encadrer les démarches ».

Confitures bio
Présentation de la gamme bio sur le site web

Et sur les autres aspects de la RSE alors ? L’entreprise agit aussi au niveau social et sociétal, en favorisant une bonne ambiance de travail pour les salariés, locaux en grande majorité. Et sur cet aspect, pas de labels mais des médailles du travail distribuées régulièrement, ce qui correspond au minimum à une ancienneté de 20 ans pour un salarié. Sacrée performance dans une société où le turnover domine ! Quand à son ancrage territorial, il est assuré par le soutien de manifestations sportives locales, un lien permanent avec la chambre d’agriculture, un partenariat avec une coopérative agricoles locale et une manufacture ouverte aux visites.

Manufacture
Capture d’écran du site web

Tout cela ressemble bien à un bel exemple de démarche RSE ancrée dans l’ADN de l’entreprise et pourtant le PDG m’a confié en toute modestie ne pas vouloir parler de RSE car « l’entreprise ne coche pas toutes les cases d’une politique RSE au sens pur du terme ». Alors si on ne veut pas parler de RSE, ça y ressemble beaucoup et on en observe quand même les retombées, puisque grâce à ses produits de qualité et une gamme biologique conséquente, agro’novae emploie aujourd’hui 30 personnes, est en croissance annuelle de 15% avec un chiffre d’affaires proche de 10 millions d’euros et exporte ses produits vers plus de 20 pays. Et cette réussite semble être tirée par le bio, puisque la croissance de cette gamme, entre 20 et 30% par an, est tout simplement le double de celle de la gamme conventionnelle ! Le tout en perpétuant des savoir-faire traditionnels locaux. Alors, convaincus ?

Yves Faure 2

Je tiens à remercier Yves Faure, PDG d’agro’novae, qui a pris le temps de me raconter son entreprise avec passion.

 

[e-RSE.net] Les consommateurs prêts à payer plus cher pour des produits écologiques

… et c’est une aubaine pour les entreprises !

C’est dans l’air depuis plusieurs années et les études continuent de confirmer ce qui est maintenant plus qu’une tendance : la consommation responsable s’installe durablement. Le résultat ? Des consommateurs soucieux des impacts sociaux et environnementaux de leur consommation, et ce dans tous les secteurs.

L’exemple le plus probant reste probablement celui de l’agriculture biologique, avec notamment ses logos bien ancrés chez les consommateurs et des prix souvent plus élevés que de plus en plus de consommateurs sont prêts à payer.

Il y a donc pour les entreprises une opportunité énorme à saisir sur le marché local et international. Très bien, mais comment et avec quels résultats ?

Changer son mode de production pour proposer des produits ou services écologiques demande généralement dans une premier temps un investissement financier et une volonté importante de la part des dirigeants. Mais les résultats peuvent s’avérer extrêmement positifs : optimisation des procédés, gains en efficacité, plus grande motivation, mise sur le marché de produits ou services répondant aux tendances actuelles, fidélisation des clients, etc. Et au final : de meilleurs résultats financiers, en plus bien sûr des bénéfices sociétaux.

Pour les sceptiques et autres pessimistes, je vous invite à vous pencher sur le cas Pocheco détaillé dans un autre article.

 

Lire l’article complet sur e-RSE.net

[Les Echos] PME et RSE : le couple gagnant

Le Président de la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France (FEEF), Dominique Amirault, prend la parole pour souligner l’importance des PME dans le paysage de la RSE en France.

Selon lui, les PME mettent en place des démarches RSE dans une logique de progrès et d’amélioration continue, quand les grands groupes répondent plus à une logique de conformité réglementaire. Je vous laisse deviner laquelle de ces deux approches est celle qui crée le plus de valeur…

Et quand on parle de PME, on parle d’entrepreneurs. L’entrepreneur est décrit comme cette personne ambitieuse qui souhaite se différencier, avoir une approche offensive, s’adapter aux évolutions des attentes des consommateurs, etc. Et puisque les consommateurs attendent de plus en plus d’engagement social et environnemental des entreprises, l’entrepreneur est celui dont la vision permettra de mettre en place une RSE concrète et appliquée.

Le rôle des PME apparaît donc crucial pour relancer l’économie en y apportant du progrès social et environnemental. De plus, l’ancrage territorial de nos PME permettra de contribuer au maintien de l’emploi local et à la création de richesses partagées.

En un mot : dirigeants de PME, la RSE vous appartient, foncez !

Source : Les Echos, 23 mai 2017

La réussite d’une entreprise engagée dans le développement durable – L’exemple avec Pocheco

Pocheco, c’est une entreprise du Nord vieille de 90 ans qui fabrique 2 milliards d’enveloppes par an. En soi c’est déjà une performance. Mais Pocheco c’est surtout une entreprise qui a su construire un modèle innovant et rentable basé sur l’innovation écologique et sociale.

Vu comme ça, on est en plein dans les 3 piliers du développement durable : rentabilité économique, respect de l’environnement et justice sociale. Et vu de plus près, ça va encore plus loin, on vous raconte !

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Les enveloppes, bien que toutes légères dans nos boîtes aux lettres, sont issues d’une industrie plutôt lourde et généralement polluante : machines énergivores, utilisation de métaux lourds dans les encres, déforestation pour la matière première, forte consommation d’eau et rejet d’eaux usées, etc. Mais Emmanuel Druon, le PDG de Pocheco, ne l’entend pas de cette oreille. Pourquoi industrie devrait rimer avec dégradation de l’environnement et conditions de travail dangereuses ? Alors une logique d’amélioration continue a été mise en place pour polluer moins et offrir les meilleures conditions possibles aux salariés. Voici quelques exemples.

Sur le site de l’usine, l’eau utilisée dans les procédés provient de l’eau de pluie récupérée sur la toiture végétalisée, puis la filtration des eaux usées de fait dans une bambouseraie. Les « déchets » naturels de la bambouseraie (les bambous morts) sont brûlés avec des vieilles palettes pour produire le chauffage de l’usine en hiver. Côté énergie, l’usine est éclairée naturellement avec un vitrage des faces nord du toit en dent de scie et les faces sud sont équipées de panneaux solaires.

Vous vous dites que tout cela doit coûter cher, mais au contraire ça rapporte ! Rien que sur l’énergie, ces installations permettent à Pocheco de réaliser 200 k€ d’économies par an.

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Image issue du site web de Pocheco

Sur les produits en eux-mêmes, l’innovation et la persévérance ont permis de remplacer l’encre classique par une encre à base aqueuse, sans métaux lourds et sans solvants. Résultat : moins de pollution pour l’environnement et pour les salariés qui n’ont plus besoin de porter masques et gants pour manipuler l’encre. Concernant le papier, trois arbres sont replantés pour chaque arbre coupé pour la fabrication du papier.

Toujours pour améliorer les conditions de travail et diminuer l’impact environnemental (et financier), d’autres opérations ont été menées. Le remplacement et le déplacement de machines bruyantes pour des machines silencieuses avec récupération de chaleur permet de se passer de gaz naturel. Le système de séchage des enveloppes a aussi été remplacé et consomme maintenant trois fois moins d’énergie tout en étant moins dangereux pour les salariés. Ces actions sont bien évidemment menées par des salariés qui sont reponsabilisés par le PDG qui valorise toutes les compétences de chacun pour améliorer l’entreprise.

D’un point de vue économique tout va bien pour Pocheco puisque l’entreprise réalise 3% de croissance annuelle depuis dix ans et que 5 à 10% du chiffre d’affaires sont réinvestis dans l’appareil productif. Un autre aspect central de l’entreprise réside dans les valeurs du dirigeant. Ici, pas de dividendes et pas de salaires démesurés, l’écart étant limité de 1 à 4 entre le plus bas et le plus haut salaire.

En plus des aspects purement sociaux et environnementaux qui sont des sources de motivation pour les salariés, des offres innovantes ont été lancées : outils promotionnels imprimés dans les enveloppes et service de massification des envois pour les petites entreprises. Là encore, les salariés sont impliqués et de l’innovation naissent la croissance et la diversification des revenus.

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Image issue du site web de Pocheco

Enfin, un autre aspect central du développement durable vient s’ajouter à cette longue liste d’actions exemplaires : le partage de la connaissance. Pour faire profiter les autres entreprises du savoir-faire acquis depuis vingt ans, le bureau d’étude Canopée Conseil (depuis rebaptisé « OUVERT ») a été créé par Pocheco pour promouvoir dans d’autres entreprises les principes de l’ « écolonomie » (contraction d’écologie et économie).

On résume: une entreprise dont les impacts environnementaux sont réduits au minimum voire compensés, où il fait bon travailler, où les salariés sont responsabilisés, qui produit assez d’enveloppes pour assurer une croissance économique régulière, qui développe des offres innovantes et qui a lancé un bureau d’étude dédié à la promotion du savoir-faire développé. L’application concrète du développement durable qui fonctionne, ça fait rêver non ?

 

Sébastien Magnan