Pocheco, c’est une entreprise du Nord vieille de 90 ans qui fabrique 2 milliards d’enveloppes par an. En soi c’est déjà une performance. Mais Pocheco c’est surtout une entreprise qui a su construire un modèle innovant et rentable basé sur l’innovation écologique et sociale.

Vu comme ça, on est en plein dans les 3 piliers du développement durable : rentabilité économique, respect de l’environnement et justice sociale. Et vu de plus près, ça va encore plus loin, on vous raconte !

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Les enveloppes, bien que toutes légères dans nos boîtes aux lettres, sont issues d’une industrie plutôt lourde et généralement polluante : machines énergivores, utilisation de métaux lourds dans les encres, déforestation pour la matière première, forte consommation d’eau et rejet d’eaux usées, etc. Mais Emmanuel Druon, le PDG de Pocheco, ne l’entend pas de cette oreille. Pourquoi industrie devrait rimer avec dégradation de l’environnement et conditions de travail dangereuses ? Alors une logique d’amélioration continue a été mise en place pour polluer moins et offrir les meilleures conditions possibles aux salariés. Voici quelques exemples.

Sur le site de l’usine, l’eau utilisée dans les procédés provient de l’eau de pluie récupérée sur la toiture végétalisée, puis la filtration des eaux usées de fait dans une bambouseraie. Les « déchets » naturels de la bambouseraie (les bambous morts) sont brûlés avec des vieilles palettes pour produire le chauffage de l’usine en hiver. Côté énergie, l’usine est éclairée naturellement avec un vitrage des faces nord du toit en dent de scie et les faces sud sont équipées de panneaux solaires.

Vous vous dites que tout cela doit coûter cher, mais au contraire ça rapporte ! Rien que sur l’énergie, ces installations permettent à Pocheco de réaliser 200 k€ d’économies par an.

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Image issue du site web de Pocheco

Sur les produits en eux-mêmes, l’innovation et la persévérance ont permis de remplacer l’encre classique par une encre à base aqueuse, sans métaux lourds et sans solvants. Résultat : moins de pollution pour l’environnement et pour les salariés qui n’ont plus besoin de porter masques et gants pour manipuler l’encre. Concernant le papier, trois arbres sont replantés pour chaque arbre coupé pour la fabrication du papier.

Toujours pour améliorer les conditions de travail et diminuer l’impact environnemental (et financier), d’autres opérations ont été menées. Le remplacement et le déplacement de machines bruyantes pour des machines silencieuses avec récupération de chaleur permet de se passer de gaz naturel. Le système de séchage des enveloppes a aussi été remplacé et consomme maintenant trois fois moins d’énergie tout en étant moins dangereux pour les salariés. Ces actions sont bien évidemment menées par des salariés qui sont reponsabilisés par le PDG qui valorise toutes les compétences de chacun pour améliorer l’entreprise.

D’un point de vue économique tout va bien pour Pocheco puisque l’entreprise réalise 3% de croissance annuelle depuis dix ans et que 5 à 10% du chiffre d’affaires sont réinvestis dans l’appareil productif. Un autre aspect central de l’entreprise réside dans les valeurs du dirigeant. Ici, pas de dividendes et pas de salaires démesurés, l’écart étant limité de 1 à 4 entre le plus bas et le plus haut salaire.

En plus des aspects purement sociaux et environnementaux qui sont des sources de motivation pour les salariés, des offres innovantes ont été lancées : outils promotionnels imprimés dans les enveloppes et service de massification des envois pour les petites entreprises. Là encore, les salariés sont impliqués et de l’innovation naissent la croissance et la diversification des revenus.

Image Pocheco 2

Image issue du site web de Pocheco

Enfin, un autre aspect central du développement durable vient s’ajouter à cette longue liste d’actions exemplaires : le partage de la connaissance. Pour faire profiter les autres entreprises du savoir-faire acquis depuis vingt ans, le bureau d’étude Canopée Conseil (depuis rebaptisé « OUVERT ») a été créé par Pocheco pour promouvoir dans d’autres entreprises les principes de l’ « écolonomie » (contraction d’écologie et économie).

On résume: une entreprise dont les impacts environnementaux sont réduits au minimum voire compensés, où il fait bon travailler, où les salariés sont responsabilisés, qui produit assez d’enveloppes pour assurer une croissance économique régulière, qui développe des offres innovantes et qui a lancé un bureau d’étude dédié à la promotion du savoir-faire développé. L’application concrète du développement durable qui fonctionne, ça fait rêver non ?

 

Sébastien Magnan


Sébastien Magnan

Spécialisé en développement durable et en innovation, je suis convaincu que les changements profonds et durables passeront par des consommateurs engagés et des PME vertueuses. J'accompagne des dirigeants de PME en Région PACA pour intégrer le développement durable à leur business-model et créer de la valeur sur le long terme.

1 commentaire

[e-RSE.net] Les consommateurs prêts à payer plus cher pour des produits écologiques – RSE & PME · 9 juin 2017 à 14 h 33 min

[…] les sceptiques et autres pessimistes, je vous invite à vous pencher sur le cas Pocheco détaillé dans un autre […]

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