Comme l’a récemment souligné le Président de la FEEF, les PME ont déjà naturellement en elles un ADN de RSE : proximité avec les clients, entreprises à taille humaine, ancrage territorial, etc. Pour autant, il ne faudrait pas croire qu’être une PME suffit à cocher toutes les cases d’une démarche RSE complète, notamment sur la chaîne d’approvisionnement et les achats responsables.
Les achats responsables, très présents dans l’actualité RSE, montrent bien que quelle que soit la taille de l’entreprise, les enjeux et les difficultés sont les mêmes. En effet, un article récent de Novethic révélait que seulement 15 % des entreprises ont une vision claire sur leurs fournisseurs de rang 1 et 2, et 6 % au-delà. Les risques qui en découlent sont nombreux pour les entreprises : problèmes de qualité, rupture de l’approvisionnement par manque de proximité, scandales environnementaux et/ou sociaux, etc. Les PME ne peuvent donc, pas plus que les grands groupes, s’affranchir d’une démarche d’achats responsables.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Médiateur des entreprises vient de rendre le label « Relations fournisseurs et achats responsables » accessible aux PME depuis le 1er octobre. Ce label, initialement créé en 2012, était jusque là réservé aux grandes entreprises et se concentrait sur les process mis en place pour garantir des relations justes et durables avec les fournisseurs. La version PME se concentre davantage sur les résultats et l’impact des actions sur les sous-traitants. Les deux versions de ce même label sont compatibles avec la norme ISO 20400 sur les achats responsables et donc reconnus à l’international, ce qui montre là encore l’importance de l’enjeu.

 

Enfin, le devoir de vigilance introduit par une loi adoptée début 2017, et qui sera appliquée à partir de 2018, demande aux grandes entreprises de prévenir les risques en matière d’environnement, de droits humains et de corruption notamment chez leurs fournisseurs. Ces fournisseurs étant majoritairement des PME, celles-ci se retrouvent désormais obliger d’être elles-mêmes en mesure de limiter ces risques. Les achats responsables sont donc devenus incontournables, mêmes pour les PME.

Les PME sont donc maintenant directement concernées par les achats responsables et ont tout intérêt à mettre en place puis à valoriser de vraies démarches, d’une part pour une meilleure gestion des risques fournisseurs, et d’autre part pour en faire un élément de différenciation.