La transition écologique et sociale se fera par les citoyens et les entreprises, pas par un ministre

La démission récente de Nicolas Hulot de sont poste de Ministre de la Transition écologique et solidaire a fait beaucoup de bruit, de même que la nomination dans la foulée de François de Rugy pour le remplacer. Pourtant, la gestion des enjeux écologiques est-elle vraiment dépendante de l’occupant de ce ministère ?

Les ministres successifs de l’environnement ont fait passer depuis des années des lois dont certaines vont dans le bon sens, mais rarement assez loin et rarement sur l’ensemble des enjeux écologiques et sociaux (« solidaires »). Et pourtant, on observe en ce moment un vrai mouvement de transition vers des modes de consommation plus soutenables pour la planète: diminution de la consommation de viande allant de pair avec une augmentation de la part des protéines végétales dans l’alimentation, lutte contre la production de déchets avec l’arrivée du vrac dans des épiceries spécialisées ou en grande surface, augmentation constante de la part de l’agriculture biologique, lutte contre l’obsolescence programmée, etc.

Pourtant, ces tendances, qui devraient se confirmer dans les année à venir, ne sont pas toujours issues de lois portées par des gouvernements successifs influencés par des lobbys devenus trop puissants. Elles sont plutôt le résultat de prises de conscience individuelles ou collectives, parfois poussées par la publication d’études, de scandales ou de pétitions très médiatisés. En conséquence de ces prises de conscience, les citoyens, tous consommateurs, se tournent vers des modes de consommation plus durables, que les entreprises sont forcées de leur proposer si elles veulent répondre à la demande et continuer d’exister.

Il arrive même que le poids citoyen et médiatique en question donne lieu à des projets de loi ou à des promesses politiques. On est donc dans le cas inverse où les politiques ne font que suivre le changement impulsé par la société civile.

Les entreprises et les consommateurs ont donc un pouvoir de changement beaucoup plus radical que n’importe quel ministre de l’environnement. Une entreprise qui ne répond pas à la demande de ses clients risque de disparaître, alors qu’un ministre qui ne répond pas aux préoccupations de ses citoyens risque simplement un remaniement.

En particulier, les PME qui opèrent selon des modèles vertueux de croissance, alliant qualité, localité, naturalité et progrès social sont les mieux armées pour transformer des attentes et des tendances en nouveaux modèles de consommation. La transition écologique et solidaire ira de pair avec la croissance économique de PME engagées sur des modèles durables.

Alors oui, le gouvernement a perdu un grand nom de l’écologie, mais le pouvoir de changer reste aux mains des citoyens et des PME qui sauront répondre à leur appétit grandissant de consommation responsable.

Sébastien Magnan