Biodiversité : les PME peuvent agir concrètement

Les atteintes actuelles à la biodiversité sont sévères, mais la mobilisation des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs peut-être un bon moyen pour lutter contre ce phénomène.

Preuve s’il en fallait que le sujet est central, le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot est venu à Marseille le vendredi 18 mai pour parler biodiversité et appeler à une mobilisation forte et immédiate en faveur du vivant.

Les chiffres parlent d’eux-même pour montrer la criticité de la situation et l’urgence d’agir : chute de près de 80 % des populations d’insectes en Europe au cours des trois dernières décennies, déclin de 30% des populations d’oiseaux dans les campagnes françaises en quinze ans, etc.

Mais alors que faire quand on est une PME et que l’on pense ne pas avoir de moyen concret d’agir ?

Les entreprise qui opèrent en lien direct avec la biodiversité, comme les entreprises de l’agroalimentaire ou des cosmétiques, peuvent travailler sur leurs produits, en utilisant par exemple des intrants issus de l’agriculture biologique, puisque c’est des pesticides que provient une grande partie du problème.

Et même si leur cœur de métier n’est pas concerné directement (toute activité a nécessairement un impact sur la biodiversité), des solutions existent : aider la biodiversité à se maintenir par des actions locales (ruches, vergers conservatoires, etc.), financer des projets locaux, nationaux ou internationaux en faveur de la biodiversité, sensibiliser ses parties prenantes à ces sujets, etc.

La PME Cepovett a par exemple installé des ruches sur ses toits pour lutter contre la disparition des abeilles. En plus de donner un toit à des dizaine de milliers d’abeilles, cette action permet la sensibilisation des salariés, clients et autres parties prenances aux enjeux de la biodiversité.

Capture écran miel Cepovett
Capture d’écran d’une vidéo Cepovett

 

Et pour les entreprises souhaitant avoir un impact positif sur la biodiversité sans pour autant modifier leurs opérations (ou leur toit), il est toujours possible de s’engager financièrement.

Par exemple, le projet CasCioMar 2050, porté par la CDC Biodiversité dans le cadre de Nature 2050, propose à des entreprises de financer la restauration écologiques des milieux marins entre Marseille et La Ciotat. Pour 5€ versés au projet, la CDC Biodiversité s’engage à restaurer 1m2 de de territoire jusqu’en 2050. Un moyen simple et impactant d’agir sur son territoire pour les entreprises locales, quelle que soit leur taille.

Capture décran Nature 2050
Capture d’écran de la vidéo de présentation du projet

Les PME-ETI et la RSE : le passage du « pourquoi » au « comment »

« Les dirigeants les plus engagés dans la RSE sont les plus convaincus de l’intérêt économique de cette démarche. En effet, pour devenir un levier de compétitivité, la RSE doit être portée au cœur de l’offre et de l’organisation »

Ce constat est l’un des nombreux enseignements tirés de l’étude BPI France – Le Lab, parue le 12 mars 2018, qui a été réalisée sur la base des réponses de 1154 dirigeants de PME et ETI.

On y apprend aussi que si la moitié des dirigeants affirme avoir mis en place une démarche RSE, seulement un quart l’a fait de manière structurée. Pourtant, seule une démarche RSE assortie de responsabilités, d’indicateurs et d’objectifs bien définis permet d’aboutir à des résultats concrets.

Comme l’explique Marc Jacouton, Président de RSE Développement, l’heure n’est plus au « pourquoi » d’une démarche RSE mais au « comment » : la majorité des dirigeants sont convaincus de l’intérêt sociétal et économique de la RSE, mais peu d’entre eux ont vraiment les outils en main pour se lancer efficacement.

 

L’ensemble de l’étude est disponible sur le site de BPI France.

 

La moitié des consommateurs de cosmétiques s’inquiète

51% des consommateurs sont inquiets de la présence de substances dangereuses dans les produits cosmétiques.

 

Une étude* menée au niveau international et parue en octobre révèle que 70% des consommateurs déclarent qu’ils veulent s’investir pour avoir un mode de vie plus durable et respectueux de l’environnement et que 45% choisiraient en priorité des marques responsables.

Cette étude vient confirmer les tendances observées en ce moment notamment en France, et démontre qu’il est maintenant urgent d’agir pour conserver ses parts de marchés : les consommateurs attendent de vrais engagements et de la transparence.

Alors que de de plus en plus d’acteurs de la cosmétique valorisent des démarches RSE, avez-vous évalué votre état d’avancement et votre potentiel d’action ?

Votre entreprise peut se différencier en engageant ou en renforçant une politique RSE pragmatique et valorisable, pensez-y !

*Source

La RSE : le nouveau relai de croissance des entreprises

Un article* paru en ligne dans Les Echos explique en quoi la RSE est un levier de croissance, en agissant à tous les niveaux de l’entreprise.
De toutes les entreprises, PME comprises.

L’article nous confirme que les bienfaits de la RSE sont nombreux, applicables à tout type d’entreprise, et offrent un retour sur investissement rapide et pérenne.

Rappelons le, la RSE vise à concilier progrès social, respect de l’environnement et performance économique. Tous les métiers et opérations sont donc concernés: mise en place d’une politique RH améliorant le bien-être des salariés, amélioration des relations commerciales, sécurisation de la chaîne d’approvisionnement, économies d’énergie et de matières, communication au delà du prix, promotion de l’innovation, etc.

Résultat: des performances globales largement améliorées et une vision plus sereine du futur de l’entreprise.

Largement sous-utilisée par les PME, la RSE représente un levier de performance qui est pourtant accessible et permet de se différencier de la concurrence.

 

*Source : Les Echos

PME, les achats responsables vous concernent aussi !

Comme l’a récemment souligné le Président de la FEEF, les PME ont déjà naturellement en elles un ADN de RSE : proximité avec les clients, entreprises à taille humaine, ancrage territorial, etc. Pour autant, il ne faudrait pas croire qu’être une PME suffit à cocher toutes les cases d’une démarche RSE complète, notamment sur la chaîne d’approvisionnement et les achats responsables.
Les achats responsables, très présents dans l’actualité RSE, montrent bien que quelle que soit la taille de l’entreprise, les enjeux et les difficultés sont les mêmes. En effet, un article récent de Novethic révélait que seulement 15 % des entreprises ont une vision claire sur leurs fournisseurs de rang 1 et 2, et 6 % au-delà. Les risques qui en découlent sont nombreux pour les entreprises : problèmes de qualité, rupture de l’approvisionnement par manque de proximité, scandales environnementaux et/ou sociaux, etc. Les PME ne peuvent donc, pas plus que les grands groupes, s’affranchir d’une démarche d’achats responsables.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Médiateur des entreprises vient de rendre le label « Relations fournisseurs et achats responsables » accessible aux PME depuis le 1er octobre. Ce label, initialement créé en 2012, était jusque là réservé aux grandes entreprises et se concentrait sur les process mis en place pour garantir des relations justes et durables avec les fournisseurs. La version PME se concentre davantage sur les résultats et l’impact des actions sur les sous-traitants. Les deux versions de ce même label sont compatibles avec la norme ISO 20400 sur les achats responsables et donc reconnus à l’international, ce qui montre là encore l’importance de l’enjeu.

 

Enfin, le devoir de vigilance introduit par une loi adoptée début 2017, et qui sera appliquée à partir de 2018, demande aux grandes entreprises de prévenir les risques en matière d’environnement, de droits humains et de corruption notamment chez leurs fournisseurs. Ces fournisseurs étant majoritairement des PME, celles-ci se retrouvent désormais obliger d’être elles-mêmes en mesure de limiter ces risques. Les achats responsables sont donc devenus incontournables, mêmes pour les PME.

Les PME sont donc maintenant directement concernées par les achats responsables et ont tout intérêt à mettre en place puis à valoriser de vraies démarches, d’une part pour une meilleure gestion des risques fournisseurs, et d’autre part pour en faire un élément de différenciation.

Les démarches RSE des PME valorisées par la grande distribution !

Dire que la RSE est profitable aux entreprises et en particulier aux PME, c’est bien. Voir que les choses avancent vraiment, c’est encore mieux. Alors aujourd’hui on se penche sur deux initiatives dévoilées récemment qui montrent que la grande distribution a décidé de valoriser l’engagement des PME sur les thématiques de la RSE.

La grande distribution est un bon indicateur des tendances de consommation, surtout en France où elle est omniprésente. On voit de plus en plus dans les rayons de produits labellisés, biologiques, végétariens, fabriqués en France, etc. Cette tendance suit l’évolution des attentes des consommateurs que nous sommes. Et, comme on en a parlé dans un précédent article, puisque les consommateurs attendent aussi plus d’engagements globaux sur la RSE, la grande distribution s’y met pour répondre à cette attente.

En effet, plusieurs enseignes ont annoncé récemment qu’elles allaient valoriser dans leurs prospectus nationaux leurs fournisseurs détentrices du label « Entrepreneurs plus engagés », délivré par la FEEF (fédération des entreprises et entrepreneurs de France). Et pour enfoncer le clou, la FEEF diffusera sur le web et à la télévision une campagne de communication sur ce label. Les PME qui ont su se lancer dans des démarches RSE et se retrouvent ainsi valorisées en seront les grandes gagnantes !

Plus d’informations sur l’article de LSA Conso.

 

Autre annonce d’intérêt pour les PME engagées ou qui veulent le devenir, une plateforme d’auto-évaluation RSE des fournisseurs de la grande distribution va être lancée à la rentrée. Cette plateforme est le fruit d’une collaboration entre quatre grande organisations professionnelles françaises: l’ANIA, Coop de France, la FCD et la FEEF. Les objectifs affichés : simplifier les auto-évaluations RSE et les échanges entre fournisseurs et distributeurs, faciliter le pilotage des démarches RSE et valoriser les actions RSE mises en place par les fournisseurs. Cette collaboration inédite montre bien l’intérêt croissant des distributeurs pour les engagements de leurs fournisseurs, eux-mêmes motivés par l’évolution des attentes des consommateurs.

Plus d’informations sur le communiqué de presse.

 

La grande distribution souhaite donc que les efforts de ses fournisseurs soient mis en avant, et c’est encore une bonne nouvelles pour les PME engagées ! Et pour celles qui ne le sont pas encore, il est toujours temps de prendre le train en marche…

 

Les Comtes de Provence : une touche de RSE dans la confiture !

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Aujourd’hui nous allons faire un tour du côté de l’agro-alimentaire, où le développement durable peut jouer un rôle central pour créer de la valeur. Pour cela, direction Peyruis, petite ville de 3000 habitants dans les Alpes de Haute Provence, où l’entreprise agro’novae fabrique depuis plus de 30 ans sous la marque « Les Comtes de Provence » des produits à base de fruits : confitures, compotes, etc.

Pour comprendre l’engagement de l’entreprise, un coup d’œil aux labels sur le site internet nous donne une bonne idée : « Agriculture Biologique », « Cuisiné en France » et « Entreprise du Patrimoine Vivant ». Et pour en déduire que durable rime avec qualité, les récompenses de l’entreprise nous aident : médailles au Concours Général Agricole de Paris et trophée « great taste gold ». Ca donne envie de goûter mais surtout d’en savoir plus…

labeks
Affichage des logos sur le site web

Pour produire des confitures et des compotes de qualité, agro’novae a fait le choix, logique vous me direz, d’utiliser des matières premières de qualité et une liste réduite d’ingrédients : fruits cueillis à maturité, pure sucre de canne, acidifiants et gélifiants naturels, et … c’est tout ! Pour la qualité, tous les fruits utilisés sont sélectionnés selon des cahiers des charges stricts qui assurent leur bon goût.

Le deuxième secret de fabrication des confitures, c’est la cuisson artisanale traditionnelle. Pour confectionner les produits avec le meilleur goût possible, la cuisson se fait à la vapeur dans des chaudrons créés sur mesure pour l’entreprise. Mais par dessus tout, c’est un cuiseur qui joue un rôle central. Grâce à son savoir-faire traditionnel, il garde un œil permanent sur la cuisson et juge à la couleur si la préparation est prête.

Cuiseur
Extrait de la vidéo institutionnelle

Bien que toute la partie cuisson soit restée traditionnelle, le choix a été fait d’industrialiser les autres procédés pour gagner en efficacité : étiquetage, empotage et conditionnement. Et pour économiser l’eau et l’énergie utilisées aux différentes étapes de production, l’entreprise investit en moyenne 5% de son chiffre d’affaires annuel pour améliorer les procédés et réduire les consommations.

En plus de la qualité, de la tradition et des économies de ressources, le PDG Yves Faure a souhaité lancer il y a 15 ans déjà une gamme de produits biologiques, « par conviction et parce que la demande des consommateurs se faisait déjà sentir ». L’entreprise a alors commencé avec des petites quantités pour arriver aujourd’hui à une gamme bio qui représente 50% des ventes. Et ce n’est pas fini puisque la volonté de la Direction est de poursuivre le développement de cette gamme, comme le montrent les nouveaux produits récemment sortis à la vente. Quant à la mise en place de la gamme biologique, le PDG explique ne pas avoir rencontré de difficultés particulières puisque « l’accompagnement des labels a beaucoup aidé et permis d’encadrer les démarches ».

Confitures bio
Présentation de la gamme bio sur le site web

Et sur les autres aspects de la RSE alors ? L’entreprise agit aussi au niveau social et sociétal, en favorisant une bonne ambiance de travail pour les salariés, locaux en grande majorité. Et sur cet aspect, pas de labels mais des médailles du travail distribuées régulièrement, ce qui correspond au minimum à une ancienneté de 20 ans pour un salarié. Sacrée performance dans une société où le turnover domine ! Quand à son ancrage territorial, il est assuré par le soutien de manifestations sportives locales, un lien permanent avec la chambre d’agriculture, un partenariat avec une coopérative agricoles locale et une manufacture ouverte aux visites.

Manufacture
Capture d’écran du site web

Tout cela ressemble bien à un bel exemple de démarche RSE ancrée dans l’ADN de l’entreprise et pourtant le PDG m’a confié en toute modestie ne pas vouloir parler de RSE car « l’entreprise ne coche pas toutes les cases d’une politique RSE au sens pur du terme ». Alors si on ne veut pas parler de RSE, ça y ressemble beaucoup et on en observe quand même les retombées, puisque grâce à ses produits de qualité et une gamme biologique conséquente, agro’novae emploie aujourd’hui 30 personnes, est en croissance annuelle de 15% avec un chiffre d’affaires proche de 10 millions d’euros et exporte ses produits vers plus de 20 pays. Et cette réussite semble être tirée par le bio, puisque la croissance de cette gamme, entre 20 et 30% par an, est tout simplement le double de celle de la gamme conventionnelle ! Le tout en perpétuant des savoir-faire traditionnels locaux. Alors, convaincus ?

Yves Faure 2

Je tiens à remercier Yves Faure, PDG d’agro’novae, qui a pris le temps de me raconter son entreprise avec passion.